Développement du foetus : L’apparition des sens

les cinq sens pendant la grossesse

Le sens du toucher en premier

Le développement d’un bébé in utéro n’est pas uniquement marqué par celui de son corps ; il acquiert aussi ses sens. Bien avant de naître, et tout au long de la grossesse, il développe ceux qui lui seront indispensables pour vivre normalement parmi nous.

La formation des sens suit une chronologie bien précise. C’est tout d’abord le toucher qui se développe, ce qui permettra l’ébauche d’une première relation affective entre l’enfant et ses parents avant la naissance, puis apparaissent l’odorat, le goût, l’ouïe et enfin la vue.

D’abord autour de la bouche

Pour le fœtus, les sensations tactiles proviennent des changements de pression du liquide amniotique. En appuyant sur votre ventre, même légèrement, vous stimulerez le toucher de votre futur bébé. La sensibilité tactile est le résultat d’une excitation des « mécano-récepteurs » qui transmettent le message reçu aux cellules nerveuses les plus proches : chez le fœtus, comme plus tard après la naissance, les corpuscules de Pacini et les corpuscules de Meissner sont spécialisés dans la réception des vibrations. Les premières sensations tactiles apparaissent dès 7 semaines et demie de vie fœtale, notamment autour de la bouche. Pour le vérifier, des chercheurs ont montré qu’en stimulant cet endroit à l’aide d’une sonde pas plus grosse qu’un cheveu, le fœtus réagissait… À 11 semaines, on trouve des récepteurs tactiles sur tout le visage, mais aussi sur la paume des mains et la plante des pieds. Ainsi, dès 10 semaines et demie, c’est la paume de la main que l’on peut faire bouger et à 14 semaines, c’est tout son corps qui vibre sous ces chatouilles d’un genre particulier.

À 20 semaines de gestation, tout le corps et même les muqueuses sont capables de réagir au toucher.

Favoriser le développement nerveux

Tous ces récepteurs cutanés ne peuvent fonctionner sans des cellules nerveuses capables de transmettre le message. Il faudra environ 30 semaines de gestation pour que les connexions soient parfaites entre l’émetteur et le récepteur : le cerveau. Les chercheurs pensent que les premières sensations sont d’abord fortuites et se confirment ensuite. Elles se précisent au fur et à mesure des expériences. Elles entraînent les circuits nerveux à se développer, voire à se modifier pour être de plus en plus performants.

Aujourd’hui, tout le monde s’accorde pour affirmer que le brassage du liquide amniotique procure au bébé de multiples sensations d’effleurement, qui sont sans doute agréables. L’haptonomie utilise ce phénomène comme moyen d’entrer en communication avec l’enfant.

L’odorat : prêt à fonctionner

Qui pourrait imaginer que le fœtus, immergé dans sa bulle, est capable de percevoir des odeurs ? Et pourtant, le nerf olfactif se constitue à 9 semaines de gestation et les bulbes olfactifs qui vont servir à transmettre l’information au cerveau peuvent déjà être identifiés vers 8 à 9 semaines. Le fœtus est équipé pour sentir, mais ne vivant pas dans une ambiance gazeuse, il ne peut que goûter. Goût et odorat sont pour lui deux sens très liés que le liquide amniotique permet d’exercer.

Le goût : il aime déjà le sucre

Il apparaît dès que se forment les papilles gustatives, les toutes premières s’installant dans les tissus qui deviendront ceux de la langue (quelques mois plus tard), vers le 3ème mois de la grossesse ; puis elles vont se développer, au point de tapisser pratiquement toute la cavité buccale et d’être deux à trois fois plus nombreuses que chez un adulte. Les papilles gustatives les plus précoces se trouvent à la pointe de la langue, puis naissent sur les bords latéraux et enfin sur toute la langue.

Dès le 4ème mois de la vie fœtale, les papilles gustatives sont capables d’appréciation. Le fœtus peut identifier les quatre saveurs de base que sont l’amer, le sucré, le salé et l’acide.

Des expériences faites à partir d’injections de glucose dans le liquide amniotique, dans lequel le bébé baigne et qui lui sert en partie de nourriture, montrent qu’il le tète avec beaucoup plus d’énergie ; il aimerait donc déjà le goût sucré.

Il semble aussi qu’au cours de la gestation, l’enfant soit initié aux saveurs de la cuisine « locale » qui, avant sa naissance, est celle de sa mère.

En effet, des chercheurs ont constaté que certains nouveau-nés indiens appréciaient déjà la saveur du curry, alors qu’ils ont préalablement « goûté » cette épice in utéro.

La vue : sensible à la lumière

Ce sens est celui que le bébé a le moins l’occasion de pouvoir « entraîner ». Le système visuel est le dernier à se mettre en place dans le déroulement du développement.

À 7 mois de la vie fœtale, les paupières s’ouvrent ; elles étaient jusqu’alors collées. Malheureusement, l’œil n’a pas tellement la possibilité d’être stimulé, ce qui, pourtant, ne l’empêchera pas d’être parfaitement prêt à fonctionner à la naissance. D’ailleurs, dès maintenant, les globes oculaires bougent lentement. On pense que le fœtus perçoit la lumière venue de l’extérieur comme une lueur rougeâtre. Il semble encore qu’il soit sensible à l’ombre et à la clarté. De récentes expériences mettent en évidence cette perception. Le docteur Brazelton, du Children Hospital de Boston, a découvert qu’en éclairant le ventre maternel d’une lumière faible et ponctuelle, il attirait l’attention du fœtus, celui-ci se tournant vers la lumière.

Mais curieusement, il s’est aperçu encore que les bébés n’aimaient pas être en pleine lumière.

Ainsi, si l’on éclaire fortement le ventre de la mère, en direction du visage du fœtus, le bébé est agité de mouvements et peut même placer ses mains devant ses yeux et sa bouche.

Le cerveau

Si toute expérience a besoin d’une certaine compétence cérébrale, tout acquis se traduit sur le plan neurologique par une modification structurelle qui, une fois acquise, permet une expérience suivante différente et souvent plus performante.

C’est sans doute à partir de ce mécanisme que le fœtus « apprend » in utéro, grâce à ses premières sensations, tout ce qui lui sera indispensable pour vivre après sa naissance. Cependant, certaines perturbations peuvent agir sur son développement neurologique : l’alcool, la toxoplasmose, la rubéole, le tabac, certains médicaments.

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