Évolution de grossesse : La fausse couche

grossesse et fausse couche

La fausse couche est l’expulsion du fœtus avant la date où il est viable; cette date se situe aux environs du sixième mois de la grossesse. En cas d’expulsion du fœtus après cette date, mais avant le neuvième mois, on parle d’accouchement prématuré. En fait, c’est pendant les trois premiers mois que les fausses couches sont les plus fréquentes.

Vous serez peut-être étonnée parfois d’entendre employer le mot avortement pour parler d’une interruption spontanée de la grossesse.

En effet, dans le langage courant, on emploie en général le mot fausse couche (« Elle a fait une fausse couche! »), et on réserve le mot avortement pour une interruption provoquée de la grossesse. Les médecins ne font pas cette distinction : le mot employé par eux pour parler d’une interruption de grossesse avant le sixième mois, que cette interruption soit provoquée ou spontanée, c’est le mot avortement.

Comment se manifeste une menace de fausse couche?

Votre grossesse semblait débuter normalement et vous observez soudain quelques pertes de sang, parfois accompagnées de douleurs au bas-ventre.

Avant de vous affoler, demandez-vous d’abord si vous n’êtes pas à la date théorique de vos règles. Il arrive en effet qu’une femme enceinte perde un peu de sang à cette période pendant les 2 ou 3 premiers mois de la grossesse. Ces pertes n’ont aucun caractère de gravité.

Hormis ce cas, toute perte de sang doit être considéré comme un signal d’alarme et vous conduire chez le médecin sans tarder. Lui seul pourra, en vous examinant, essayer de trouver la signification de cette perte de sang. C’est souvent difficile dans l’immédiat et, dans la plupart des cas, pour essayer de prévoir l’avenir, le médecin demandera une échographie qui permet de préciser le caractère normal ou non de la grossesse selon le volume et l’aspect de l’œuf. Peut-être demandera-t-il également des dosages hormonaux. En effet, les hormones sécrétées par l’ovaire et le placenta, et qui sont indispensables à la bonne évolution de la grossesse, sont éliminées en partie dans les urines où elles peuvent être dosées. Ainsi un dosage des hormones permet de savoir si la grossesse évolue d’une manière normale ou non.

Que faut-il faire?

L’avenir d’une menace de fausse couche est généralement imprévisible dans l’immédiat. Que faire en attendant?

Eh bien! On va vous surprendre, ou vous décevoir : il n’y a pas grand chose d’autre à faire que… d’attendre, pour voir comment les évènements vont tourner : fausse couche ou non. Et cette situation inconfortable peut durer quelques jours ou même quelques semaines.

Dans le temps, en présence d’une menace de fausse couche, on mettait la future mère au lit et on lui prescrivait automatiquement un traitement hormonal.

Cette attitude, qui reste celle de certains médecins, est cependant de plus en plus discutée. On a tendance à penser, au moins devant une menace de fausse couche précoce, que c’est plus la qualité de l’œuf que l’équilibre hormonal qui est en cause. Si l’œuf est défectueux, l’organisme a décidé de s’en débarrasser et aucun traitement ne sera capable de le maintenir en place.

Par contre, si la menace de fausse couche est en rapport avec une cause connue, comme une béance du col par exemple, il est évident qu’un traitement approprié s’impose. En un mot, ce que beaucoup de médecins condamnent maintenant, c’est la prescription d’hormones faite systématiquement, de parti pris, sans savoir à quoi peut être due la menace de fausse couche. Pour vous, en pratique, s’il n’est pas nécessaire de rester allongée, il est quand même préférable d’interrompre votre activité professionnelle tant que vous avez des pertes de sang. Allez voir le médecin au rythme qu’il jugera convenable pour apprécier l’évolution de votre grossesse.

Que va-t-il se passer?

Dans certains cas, tout se déroule favorablement. les pertes de sang diminuent, le col reste fermé, l’utérus continue de se développer. les chiffres des dosages hormonaux augmentent progressivement. l’échographie confirme que l’évolution de la grossesse se poursuit.

Vous ne pourrez cependant reprendre une vie normale que lorsque le médecin jugera que la menace de fausse couche est écartée.

Bien des femmes ont alors, après cette menace de fausse couche, la crainte de mettre au monde un enfant malformé. cette crainte est injustifiée car, si la fausse couche ne se produit pas et si la grossesse se poursuit, elle aboutira à la naissance d’un enfant normal.

Dans d’autres cas, la menace se précise peu à peu : les pertes de sang augmentent progressivement, l’utérus ne se développe plus, les dosages hormonaux montrent des taux effondrés. la fausse couche elle-même se traduit par des pertes de sang assez abondants accompagnées de « coliques » ressenties dans le bas-ventre : ce sont les contractions de l’utérus qui expulse l’œuf.

S’il n’y a pas d’hémorragie violente, vous pouvez rester chez vous. Une fausse couche spontanée ne nécessite pas automatiquement un curetage, loin de là. Prenez par contre la précaution de garder tout ce qui aura été expulsé et voyez le médecin dès le lendemain de l’accident. Lui seul pourra dire si la fausse couche a été complète et si aucune partie de l’œuf n’est restée dans l’utérus, car elle pourrait causer une infection ou une hémorragie.

En revanche, s’il y a une hémorragie importante, faites-vous transporter d’urgence à l’hôpital ou en clinique, ou mettez-vous en rapport avec le médecin ou la sage-femme.

Après la fausse couche

Combien de temps faut-il se reposer? Normalement en quelques jours vous serez remise sur pied.

Si vous êtes d’un groupe sanguin Rhésus négatif, pensez à demander au médecin s’il n’y aurait pas lieu de faire une « vaccination anti-Rhésus + ». Vous comprendrez pourquoi en lisant ce qui concerne le facteur Rhésus.

Après une fausse couche, il est très fréquent d’avoir un moment de dépression qui peut durer plus ou moins longtemps. Cette dépression s’explique psychologiquement chez la femme qui était heureuse d’attendre un enfant et qui voit ses espoirs déçus. Elle s’explique également physiquement (comme après l’accouchement) par le bouleversement hormonal qui suit l’arrêt d’une grossesse.

Si vous étiez sujette à cette dépression, et inquiète, n’hésitez pas à en parler au médecin.

L'avenir

Après une fausse couche, vous vous posez des questions pour l’avenir. Vous voudriez connaître la cause de cette fausse couche et les mesures à prendre pour éviter qu’elle ne se renouvelle à la grossesse suivante.

Le médecin va s’y employer en faisant faire, lorsque vos règles seront revenues, un certain nombre d’examens. pour que vous compreniez leur utilité, il est nécessaire que nous vous disions brièvement les principales causes de fausse couche.

D’abord, il faut que vous sachiez une chose importante : un grand nombre de fausses couches sont accidentelles, dans ce sens qu’elles ne se produisent qu’une fois dans la vie d’une femme; après elle mène à bien toutes les autres grossesses.

Dans la plupart des cas, ces fausses couches sont dues à une anomalie chromosomique; on peut même dire dans la majorité des cas, puisque on les évalue à 70% des fausses couches du premier trimestre. Une fausse couche chromosomique est due à une anomalie du nombre, de la forme ou de la répartition des chromosomes, qui aboutit à un œuf défectueux et qui ne peut survivre. de telles fausses couches proviennent en somme d’une erreur de la nature, erreur que la nature corrige d’elle-même en expulsant l’œuf défectueux. Sauf exception, une fausse couche par anomalie chromosomique ne doit pas faire craindre pour les grossesses ultérieures.

Dans d’autres cas, au contraire, il y a, à l’origine d’une fausse couche une cause plus ou moins permanente, qui, faute d’être reconnue et traitée, risque de provoquer des fausses couches à répétition.

Les fausses couches à répétition

Parmi les causes pouvant provoquer des fausses couches à répétition, on peut distinguer schématiquement trois grands groupes :
- les causes locales qui siègent au niveau de l’utérus;
- les maladies maternelles;
- les insuffisances hormonales.

Les causes locales utérines

Le développement normal de l’œuf nécessite l’intégrité :
- de la chambre qui l’abrite : cette chambre c’est l’utérus;
- du lit où l’œuf s’accroche et se nide : ce lit c’est la muqueuse ou endomètre qui tapisse intérieurement la cavité de l’utérus;
- du verrou qui ferme la chambre: ce verrou c’est le col.

Toute anomalie d’un de ces trois éléments peut entraîner une fausse couche :

L’utérus peut être déformé par un fibrome, malformé de façon congénitale, insuffisamment développé (utérus infantile), mal orienté (rétroversion);

La muqueuse ou endomètre peut être le siège de cicatrices (après curetage), ou d’une infection qui peuvent agir en perturbant la nidation, en compromettant la nutrition correcte de l’œuf, ou en empêchant sa croissance normale;

La partie supérieure du col, celle qui touche l’utérus, est normalement fermée pendant toute la durée de la grossesse. Ainsi, l’œuf ne peut pas s’évacuer à l’extérieur sous l’influence de la pesanteur. Mais il arrive que « l’isthme » – c’est le nom de cette partie du corps – ne joue plus son rôle de verrou et qu’il s’ouvre plus ou moins. Cette « béance » peut être congénitale, ou la conséquence d’un traumatisme : accouchement difficile, avortement, curetage.

Les maladies maternelles

Toutes les infections maternelles, soit locales (vagin), soit lointaines (gorge, amygdales, dents, reins), en envahissant l’œuf, par le sang, ou par contiguïté, peuvent provoquer une fausse couche. Il est donc indispensable de soigner énergiquement toute infection. Certaines maladies rénales ou vasculaires (hypertension), certaines maladies parasitaires, certaines intoxications peuvent également provoquer une fausse couche.

Par contre, l’iso-immunisation due au facteur Rhésus n’est jamais responsable de fausses couches.

Les insuffisances hormonales

Le rôle des insuffisances hormonales dans les fausses couches est aujourd’hui discuté. Nous vous en disons quand même deux mots, car il y a peu de temps encore, les insuffisances hormonales étaient considérées comme la cause n°1 des fausses couches. Les hormones jouent un grand rôle dans l’établissement et dans le développement de la grossesse. Ainsi, on peut à tout moment vérifier qu’une grossesse évolue bien en mesurant les taux des différentes hormones. Or, lorsqu’il y a une fausse couche, ces taux s’effondrent. C’est ce qui a fait croire si longtemps qu’à l’origine des fausses couches, il y avait le plus souvent des insuffisances hormonales. Et c’est la raison pour laquelle dès qu’il y avait menace de fausse couche, on donnait des hormones. (Certains médecins continuent à en donner, d’ailleurs).

Aujourd’hui, la plupart des médecins pensent que la chute du taux d’hormones est la conséquence d’une fausse couche, mais pas du tout la cause. Dans ces conditions, administrer des hormones ne servirait à rien, puisque tout est déjà joué.

Vous le voyez, une fausse couche peut être due à des causes variées. Ne vous étonnez pas si le médecin vous demande, après la fausse couche, pour permettre la bonne évolution d’une nouvelle grossesse, de faire pratiquer certains examens tels que :
- étude de la courbe de température,
- radiographie de l’utérus,
- examens de sang à la recherche d’une infection ou d’une parasitose,
- dosages hormonaux car, s’il est vrai, comme nous l’avons dit, que les insuffisances hormonales au cours de la grossesse sont exceptionnelles, il reste certain qu’un bon équilibre hormonal est nécessaire, avant la grossesse, pour que celle-ci débute et se poursuive normalement.

Quelques semaines seront nécessaires pour faire ces examens. Il faudra également du temps pour pratiquer un traitement médical ou chirurgical, suivant la cause que ces examens auront permis de dépister. Ne vous impatientez donc pas si vous êtes pressée d’être à nouveau enceinte. Il est, de toute façon, recommandé, après une fausse couche, d’éviter une nouvelle grossesse dans les 3 mois qui suivent. Il faut en effet ce temps pour que les cycles retrouvent leur caractère normal.

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